Et dire que ça fait quelques jours que j'écoute ce titre en boucle, et je me demandais pourquoi. Aujourd'hui, j'en ai cherché les paroles, et je trouve ça très... intéressant :
Because we separate
it ripples our reflections
(in rainbows)
Bref, cela pour dire, simplement, qu'aujourd'hui, tu as pris LA décision, l'ultime, la fameuse, que l'on attendait avec un suspense intenable : tu me quittes !
Revoyons ensemble comment ça s'est passé : j'étais chez Emma, nous venions de terminer notre footing (oui, parce qu'Emma et moi avons décidé que le Mercredi, nous irions courir ensemble), nous avions mangé, et nous regardions un film, Pars vite et reviens tard, un film que tu as toujours refusé de regarder. J'étais tranquilement installé, et j'étais en pleine scéance de papouilles avec son chat, Nala. Puis, aux alentours de 16h, heure à laquelle tu m'envoies mon seul email hebdomadaire, je reçois ton premier texto :
Coucou. Je fais la nuit, sans net pour m'occuper, juste au son de l'iPod et des geckos. La nuit est belle... Je pense à toi.
Première constatation, tu ne m'as pas dit que tu m'aimais par texto depuis... depuis ce week-end, notre fameuse discussion infernale de plus de deux heures ! Mais, cela dit, tu penses à moi. Je suis rassuré. Une chose me met un peu la puce à l'oreille : "sans net pour m'occuper"... C'est assez étrange, il faut l'avouer. Tu as tout le temps accès au net quand tu fais la nuit, et spécifiquement ce soir, le soir où tu es censée me donner ta décision quant à notre relation, tu n'y as pas accès. Je me doute d'une anguille sous la roche, et te réponds malgré toute ma bonne volonté de faire le mort. Quand aurai-je un email, et ta décision, alors ? Réponse :
Pour la décision, je sais. Pour le mail, je sais pas.
Oulà. Pas possible d'avoir plus de détails ?! Ah, non, j'oubliais, il me faut les demander. Alors allons-y : Quelle est donc ta décision ? Ne me fais pas attendre inutilement (oui, j'ai oublié les mots exacts, je fais tout de mémoire pour mes propres réponses). Assez stressé, je sens une boule dans mon ventre, il me faut aller aux toilettes. Je laisse le portable sur la table basse d'Emma, pour ne pas continuer à stresser comme un con. Au retour, Emma me dit que j'ai reçu un message. Ta réponse :
Ca me fait chier de te le dire comme ça, mais je pense qu'on devrait se séparer... J'ai envie d'être honnête avec toi, et je sais que la meilleure façon de l'être c'est en prenant cette décision.
Un deuxième message alors que je lis celui-là, il s'est passé dix minutes entre les deux :
Meme si ça me rend triste...
Oui, pauvre Chloé, on va tous allumer une bougie pour ton sacrifice, et demander pour ton retour une canonisation. Bref, assez surpris, secoué, choqué même malgré toutes les préparations que j'ai pu planifier de cet instant, je t'envoie un message : La vie est faite de choix. Qu'est-ce qui se passe à présent ?
Je comprends pas ta question, c'est à dire ? Qu'est-ce que tu voudrais qu'il se passe ?
Je pensais que ce serait clair, sans avoir à m'expliquer. Mais je m'exécute (oulà, l'expression qui prend tout son sens, tout à coup) et te réponds : Je sais pas... Est-ce que c'est une décision définitive, est-ce qu'on reste en contact ? J'ai ta décision, mais pas la moindre explication... Réponse :
Par SMS, c'est impossible à expliquer. J'ai pas envie de te mentir, de te tromper alors que tu me fais confiance et que tu m'attends. Je ne suis même pas capable de te dire si je suis sûre de rentrer.
Et j'avoue avoir été surpris par cet aveu. C'est donc dans tes plans, de me mentir, me tromper. C'est quelque chose que tu planifies. J'imagine que sinon, tu te dirais que si l'occasion se présentait, tu refuserais poliment. Ma question : Tu ne me dis même pas si on reste en contact ou pas, et ça aurait été plus facile à expliquer par email, mais tu ne m'en envoies pas. Réponse :
Si je peux utiliser le net, je t'envoie un email. J'ai envie qu'on reste en contact, qu'on se retrouve plus tard.
Voilà. C'est tout. Ce fut rapide, plein d'émotions et de larmes, et pour se consoler, on a fait l'amour. Bullshit. J'étais sonné, j'étais presque anéanti, j'ai évité tout ça parce que je me doutais de tout ce que tu me disais, de cette décision. Je n'ai pas arrêté de dire depuis lundi que c'était game over, mais pas officiellement. Et c'est officiel, ça y est.
J'avais beau m'y attendre, c'est pas facile pour autant. Tant pis. Dans la foulée, je suis rentré chez moi, même si Emma me proposait d'en parler, de rester un peu, pour que je ne conduise pas en état de choc. J'ai de suite appelé Renaud, à qui j'ai raconté toute l'histoire. J'imagine que tu ne veux pas savoir tout ce qu'il a dit, tu rigolerais... Dans la foulée, donc, je suis rentré chez moi. J'ai expliqué toute la situation à mes parents, ma mère m'a avoué qu'elle s'en était doutée le jour où tu es partie, mais qu'elle ne voulait pas me démoraliser. Bref, il en est resorti que j'ai eu le feu vert pour avoir un chaton (quel rapport ?).
J'ai téléphoné à ton père, pour lui demander quand je travaillais ce week-end, et je bosse Jeudi, Vendredi et Samedi. On attend 650 personnes au resto ce week-end. Je lui ai annoncé la nouvelle, il n'a pas compris pourquoi tu me jetais, alors je lui ai expliqué cette histoire de barrières et de garçons, et il a rigolé, d'un air de dire hé ben putain, je pensais pas ça de ma fille (oui, c'est une interprêtation arbitraire), en me disant au moins, c'est clair. Et il en a profité pour me dire que pour ta mère et lui, c'était officiel aussi comme rupture. Voilà. Au resto, en trois mois, ça a été l'hécatombe. Bref, je le lui ai annoncé pas par plaisir, mais pour voir si ça allait jouer en ma défaveur pour le resto, savoir si je continuais à bosser pour lui ou non. Il m'a rassuré, en me disant que ça n'avait rien à voir, et qu'il comptait sur moi pour le reste du temps.
Bon. Tant qu'on y est, autant faire en rétrospective toute la journée. Ce soir, il y avait une soirée hebdomadaire de "conversation" organisée par les lecteurs du département d'anglais, qui sont des étudiants anglophones qui donnent des cours d'oral à l'université. On s'est donc retrouvés à 20h30 au Mulligan's, rue StMichel, à boire des bières, à déconner et raconter des conneries en anglais avec des accents de merde. J'ai fait la rencontre de plein de gens, et puisque c'est hebdomadaire, je pense que je sortirai un peu toutes les semaines. Je suis rentré pas tard, il y a quelques dizaines de minutes, et voilà.
Le plus dur, c'est pas que ce soit fini, c'est la manière dont ça s'est terminé. Ca a traîné en longueur, tu persistes à me faire croire que c'est toujours pareil pour toi, jusqu'à ce que je pose la question et que je découvre que non. Reproche ? Non. Les choses ont été telles qu'elles sont, et tant pis. J'ai toujours évité les relations longue-distance, j'avais la foi que ça marcherait avec toi, connaissant la force de notre relation, je me suis trompé.
Tu parles de se retrouver à ton éventuel retour ? Ca se discute, il faudra voir dans quel état je suis quand tu rentres, et si tu rentres.